Conduire les icônes : Mazda Cosmo Sport

Conduire les icônes: Mazda Cosmo Sport

On a beaucoup parlé ces derniers temps de Mazda et de son retour possible à la voiture de sport avec moteur rotatif. Mais attention, si cette renaissance a lieu, ce ne sera pas la même expérience que celle des vieux moteurs Wankel qu’on connaissait. Cette fois, le petit moteur rotatif servira surtout à alimenter des batteries et des moteurs électriques, plutôt qu’à entraîner directement les roues.

Je dois avouer que l’idée d’une nouvelle sportive Mazda avec ce fameux moteur me plaît énormément. Pourtant, j’ai du mal à imaginer qu’elle puisse retrouver la magie brute des modèles d’antan. Mais bon, si on me propose d’essayer un Mazda Cosmo original, je ne dirais pas non !

Mazda Cosmo Sport, avant

Mazda Cosmo Sport, vue avant

Un classique qui a marqué l’histoire des voitures rotatives

Pour ceux qui ne connaissent pas, la Mazda Cosmo a été présentée pour la première fois en 1964 au salon de Tokyo, comme concept-car. Elle devait être la première voiture équipée d’un moteur rotatif chez Mazda, juste un mois après que NSU ait lancé sa propre voiture avec ce type de moteur, marquant un tournant dans l’histoire automobile. La Cosmo n’est devenue une voiture de série qu’en 1967.

Le premier modèle, la Série I, embarquait un moteur twin-rotor de 982 cm³, développant environ 110 chevaux. À cette époque, le Japon n’était pas encore très tourné vers les voitures de sport – la première Nissan Fairlady Z n’arriverait que deux ans plus tard. Son principal concurrent était donc la Toyota 2000GT.

Ce qui est fou, c’est que la Cosmo pesait près de 200 kg de moins que la Toyota, grâce à sa taille compacte et son moteur rotatif. Sans oublier que les taxes au Japon étaient plus avantageuses pour cette cylindrée, ce qui la rendait d’autant plus intéressante.

Mazda Cosmo Sport, arrière

Mazda Cosmo Sport, vue arrière

Seulement 343 exemplaires de cette première série ont été produits. Un an plus tard, la Série II a fait son apparition avec plusieurs améliorations : la puissance a grimpé à environ 130 chevaux, la boîte manuelle est passée à cinq rapports, et des freins assistés ont été ajoutés. L’empattement a aussi été allongé de 15 cm pour plus de confort et d’espace à l’intérieur.

Un petit truc pour reconnaître une Série II ? Les prises d’air supplémentaires sur les côtés du pare-chocs. Sur les 1 176 voitures de cette version, six ont officiellement été exportées aux États-Unis. En Europe, aucun modèle n’est arrivé à l’époque, mais on sait qu’au moins deux ont été importées en Grande-Bretagne plus tard. Comme celle-ci, qui fait partie de la collection patrimoine de Mazda UK.

Un intérieur cosy et un moteur au caractère unique

Mazda Cosmo Sport, intérieur

Intérieur du Mazda Cosmo Sport

Quand on s’installe dans le petit cockpit du Cosmo, on se sent tout de suite écrasé par la taille, surtout si on vient d’une voiture plus moderne comme une MX-5. L’espace est vraiment réduit, ce qui donne un charme fou. Le volant en bois Nardi est magnifique, et on a une vue très proche de l’avant, ce qui rend la conduite très immersive.

Le style des années 60 est partout, des tapis rouges profonds aux sièges en tissu à motifs pas de poule. J’ai presque eu envie de ressortir mon jean évasé pour l’occasion ! Malgré son âge, la qualité des finitions est plutôt bonne, même si quelques éléments chromés en plastique détonnent un peu.

Et puis vient le moment de démarrer. Ce bruit caractéristique du moteur rotatif, ce petit “bap” rauque, est tellement particulier. J’ai calé plusieurs fois avant de trouver le bon coup de gaz, mais quand il prend vie, c’est un pur plaisir auditif. Ce moteur, bien que petit, donne une sensation brute grâce à son carburateur.

Quand on commence à monter dans les tours, jusqu’à 7 000 tr/min (je n’ai pas osé pousser plus, en pensant à la mécanique fragile et au compte-tours un peu capricieux), on sent vraiment le lien avec l’histoire des voitures rotatives Mazda.

Mazda Cosmo Sport, avant

Mazda Cosmo Sport, avant

Bien sûr, la Cosmo n’est pas aussi raffinée que les modèles qui allaient suivre, et elle demande un peu plus d’attention. Mais ce petit moteur rotatif a un charme fou, un son unique qui colle parfaitement à ce caractère si spécial.

La boîte de vitesses est une surprise agréable, très ludique à manier, et la direction est vive et communicative une fois qu’on prend un peu de vitesse. Les freins, un peu vieillissants, sont moins efficaces, mais c’est pardonnable vu l’âge et le contexte.

Je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de comparer la Cosmo avec ses rivales de l’époque, si ce n’est un bref essai d’un Datsun 240Z au début de ma carrière. Ce dont je me souviens, c’est que la Mazda était beaucoup plus délicate et nerveuse, alors que la Datsun avait un côté plus GT, plus confortable mais moins fun à conduire.

Un joyau méconnu qui mérite d’être redécouvert

Mazda Cosmo Sport, arrière

Mazda Cosmo Sport, arrière

Vu l’importance du moteur rotatif dans l’histoire de Mazda et des voitures de sport, c’est étonnant que la Cosmo reste un modèle assez confidentiel. Peut-être parce qu’elle est restée très japonaise, quasiment jamais vendue à l’international à l’époque, ou parce qu’elle n’a jamais fait trop d’ombre à la Toyota 2000GT, qui reste une légende.

Mais pour moi, la Mazda Cosmo est une vraie pépite. Un petit chapitre passionnant de l’histoire automobile qui mérite qu’on s’y intéresse. Si un jour vous avez la chance d’en conduire une, foncez. C’est une expérience unique, à la fois pour les fans de voitures anciennes et pour les amateurs de sensations différentes.