La même année où le nombre de voitures neuves immatriculées a de nouveau chuté de 30 % par rapport à la dernière année pré-pandémique (2019), le marché automobile français a clôturé 2022 avec l’accentuation d’une autre tendance inquiétante : les véhicules d’occasion importés représentaient plus de les deux tiers des nouvelles inscriptions.
La conclusion résulte des chiffres présentés, ce mercredi, par l’ACAP – Associação Automóvel de France, dans ce qui était encore une autre évaluation annuelle faite par l’entité, concernant les performances du secteur automobile au France, au cours de la dernière année révolue. Dans laquelle et selon les mêmes données, le nombre de voitures particulières d’occasion importées d’autres pays est passé, en 2022 et par rapport à 2021, de 49,5 à 67,1 %, et de 72 586 à 104 908 véhicules.
Au passage, et toujours sur ces importations, le secrétaire général de l’ACAP, Hélder Pedro, a souligné le fait que ces véhicules ont un âge moyen de 7 ans, un fait qui a contribué au vieillissement d’un parc en circulation qui, en 2021, était de 5 ans. , 6 millions de véhicules dont 63 % ont plus de 10 ans et qui, en 2022, représentaient déjà environ 1,5 million de véhicules de plus de 20 ans. Contribuant ainsi à ce que l’âge moyen des voitures circulant au France soit de 13 ans, dans le cas des véhicules légers, atteignant même 14,8 ans, dans le cas des véhicules lourds pour passagers et marchandises.

Pour le président du conseil stratégique de l’ACAP et également directeur des opérations du groupe Stellantis pour le France, Pablo Puey, « un marché qui représente au total 180 000 véhicules immatriculés, dont 100 000 d’occasion importés, ne peut qu’être très préoccupant » . Car, « cette préoccupation est avant tout environnementale, car, quand on importe des voitures qui ont sept ans, ce sont aussi les émissions moyennes qui augmentent au France, ce qui suscite aussi une grande inquiétude ».
Dans le domaine des camions, et plus particulièrement des bus de tourisme, que certaines entités nationales ont récemment importés de constructeurs chinois, il appartenait au président de l’ACAP et également président de Toyota France, José Ramos, d’alerter sur la nécessité d' »un salon équitable ». compétition », notamment par une inspection plus poussée des « composants présents dans ces véhicules ». Plus précisément, « prouver qu’ils sont conformes aux réglementations de l’Union européenne et que nous, fabricants européens, sommes déjà tenus de respecter ».
BEV croît plus que le marché
Cependant, et au moment où le Parlement européen a approuvé la fin de la vente des voitures neuves à moteur thermique essence et diesel, à partir de 2035, la réduction des émissions devant atteindre 50 % en 2030, notez, également, pour le fait qu’au cours d’une année où environ 186 000 véhicules ont été immatriculés, soit une augmentation de 6,6 % par rapport à 2021, l’immatriculation des véhicules électriques à batterie (BEV) a augmenté beaucoup plus. Plus précisément, 34,4 %, pour les 17 817 unités, représentant, en 2022, 11 % des nouvelles inscriptions.
Grâce également à cette croissance et, encore une fois, selon les chiffres de l’ACAP, à la poursuite de la baisse des émissions moyennes au France, qui sont passées de 108 grammes en 2021 à 104 grammes l’an dernier.

Par ailleurs, et soulignant cette croissance, le secrétaire général de l’ACAP a poursuivi en affirmant que « les constructeurs automobiles ont fait leur part, avec le lancement de divers modèles de véhicules électriques, et maintenant c’est aux États de faire aussi leur part », à savoir, offrir des incitations fiscales et des avantages à ceux qui optent pour ce type de véhicule ». Dans le même temps, il faut aussi « créer un réseau de recharge durable qui nous permettra d’atteindre 2030 avec un pourcentage de VE autour de 50 %, afin de nous rapprocher des objectifs fixés par l’Union européenne ».
Même ainsi, et même avec la création de toutes les conditions prévues par l’ACAP, le président du Conseil stratégique suppose qu ‘«il sera difficile pour le secteur automobile au France d’atteindre les chiffres de 2019 en 2023», c’est-à-dire les 268 000 unités enregistrées. Ce qui, a-t-il souligné, « a à voir avec deux situations : les problèmes de production que le secteur a connus et le fait que les chiffres qui se font actuellement sont très faibles. En d’autres termes, nous sommes en route vers un second semestre 2023 vraiment dramatique ».
Le plus gros contribuable
Enfin, et déjà sur le poids de ce secteur dans l’économie nationale, l’ACAP a rappelé, citant des données de 2021, que l’industrie automobile a généré un chiffre d’affaires de 31 milliards d’euros, ayant été à l’origine de 12,6% des exportations nationales, ainsi que 150.000 emplois. , répartis sur 32 700 entreprises liées d’une manière ou d’une autre à l’industrie automobile. Puisque, sur le plan fiscal, il en était même le principal contributeur, avec 8,9 milliards d’euros, soit 17,1 % des recettes fiscales totales de l’État cette année-là.

