La BMW M1 : un bolide légendaire avec une histoire unique
La BMW M1 n’est pas une voiture comme les autres. Dessinée par Giugiaro et co-conçue initialement avec Lamborghini, cette sportive a marqué l’histoire de BMW en devenant la première M conçue pour la route, sans jamais reprendre la base d’un modèle classique de la marque. Ce qui la rend encore plus spéciale, c’est que jusqu’à l’arrivée de la BMW XM, c’était la seule à mériter ce statut.
Mais l’exemplaire dont on parle aujourd’hui sort vraiment du lot. Rien qu’en le regardant, on sent qu’on n’a pas affaire à une M1 standard. Son habit de course affiche fièrement les couleurs iconiques de la division M, avec un mélange de bleu, indigo et rouge sur fond blanc. Les jantes Campagnolo, blanches elles aussi, rappellent les turbines d’avion, une touche aussi originale qu’attachante. Et puis, le bouclier avant trahit sa vocation sportive, avec une prise d’air bien plus agressive que l’usuelle.

Un bolide de champion, une histoire gravée dans le sport automobile
Cette M1 n’a pas été fabriquée juste pour faire jolie dans un garage : elle est l’un des 399 exemplaires construits entre 1978 et 1981, et elle a une histoire bien particulière. En 1979, BMW offrait cette voiture en récompense au pilote vainqueur du championnat Procar. Ce championnat avait la particularité d’opposer les pilotes de F1 sur des M1 quasi identiques. C’est là que le fameux Niki Lauda a décroché le titre cette année-là.
Si son nom vous dit quelque chose, c’est normal ! Lauda est entré dans la légende de la Formule 1, avec ses titres mondiaux en 1975, 1977 et 1984. Son volontarisme est encore plus frappant quand on se rappelle de l’accident dramatique qu’il a subi en 1976 en Allemagne. Blessé au visage et aux poumons, il est pourtant remonté dans son cockpit à peine quelques courses plus tard, frôlant le titre cette même année. C’est un vrai exemple de résilience, et cette voiture a donc un gardien prestigieux.

Mon expérience avec les M1 m’a toujours fait ressentir cette alchimie entre performance et histoire. Croiser une M1, surtout un modèle comme celui-ci, c’est un peu comme retrouver un vieux pote qui a vécu sur la piste autant que dans la rue.
Une mécanique qui reste impressionnante malgré la marche du temps
Cette version signée Lauda garde sa mécanique d’origine, un moteur six cylindres en ligne de 3,5 litres, baptisé M88/1. Ce bloc délivre 277 chevaux et 329 Nm de couple, associés à une boîte manuelle 5 rapports. Bien sûr, ce n’est pas démentiel en regard des standards d’aujourd’hui, mais en 1979, elle filait de 0 à 100 km/h en seulement 5,6 secondes et pouvait pousser jusqu’à 260 km/h. Pas mal pour une voiture de plus de 40 ans.

J’ai toujours trouvé fascinant qu’une voiture aussi ancienne puisse encore sembler si vivante. Chaque fois que j’ai eu la chance de m’installer à son volant, sa boîte manuelle et son moteur bavard rappellent un temps où tout était plus simple, plus direct. Aucun assistanat moderne, que du feeling brut, du vrai.
L’exemplaire de Niki Lauda vit aux États-Unis depuis 1987 et affiche seulement 20 350 km, un vrai collector. Cette M1 sera proposée aux enchères lors de la vente Mecum à Kissimmee, Floride, le 17 janvier prochain. Sans estimation officielle, mais vu la cote actuelle des M1, elle devrait atteindre un prix très élevé, probablement dans les environs de 500 000 € voire plus.
Pour quelqu’un qui cherche une pièce de l’histoire automobile avec un vrai pedigree sportif, cette M1 est un joyau rare. Honnêtement, je serais tenté de faire une offre juste pour posséder ce lien direct avec un des plus grands pilotes et une époque où la course se vivait avec les tripes.
