Le tribunal ordonne à Ghosn de restituer le yacht acheté avec l’argent de Nissan

Le tribunal ordonne à Ghosn de restituer le yacht acheté avec l'argent de Nissan

Le contentieux entre Nissan et son ancien PDG, Carlos Ghosn, ne semble pas s’apaiser. Une récente décision judiciaire oblige l’ex-dirigeant à indemniser le constructeur japonais pour un montant conséquent, tout en lui restituant son yacht. Ce conflit, chargé d’implications financières et légales, soulève des questions sur l’avenir de Ghosn.

Après tout, malgré les six années qui se sont écoulées depuis la fuite spectaculaire du manager du Japon, le différend entre le constructeur automobile japonais Nissan et son ancien PDG, Carlos Ghosn, est là pour durer. Pour preuve, la décision de justice désormais connue et qui « oblige » l’ancien dirigeant tout-puissant du groupe Renault à verser une indemnité de 32 millions d’euros au constructeur automobile japonais, ainsi qu’à lui remettre son yacht !

La nouvelle a été rapportée par le site The Autopian, qui cite une décision judiciaire rendue par la Cour suprême des îles Vierges britanniques, suite à l’une des nombreuses plaintes déposées par Nissan contre Carlos Ghosn.

La sentence désormais connue détermine que le dirigeant franco-brésilien, son épouse et l’entreprise qu’ils ont tous deux créés, lorsque le premier était à la tête de Nissan, et qui aurait été créée dans le but d’accueillir des fonds du constructeur, payent désormais une lourde compensation pour l’entreprise japonaise.

Selon la décision de justice, le couple doit indemniser Nissan d’environ 32 millions de dollars, soit près de 30 millions d’euros au taux actuel, ainsi que lui remettre le yacht de Nissan. Ghosn, qui l’a racheté avec une partie de ces fonds.

Le navire, un Navetta 37 de 121 pieds de long (environ 36,8 mètres de la poupe à la proue), a été acquis en 2017 auprès du chantier naval italien Custom Line et nommé « Shachou », « The Boss » en japonais. Ayant Ghosn a payé environ 12 millions de dollars (10,8 millions d’euros) pour le « jouet ».

Comment facturer ?…

Cependant, même si la décision de justice a été prise, le plus difficile pour la justice des Îles Vierges sera sans aucun doute le recouvrement de la dette. Puisque et dans le cas précis du navire, celui-ci est amarré à Beyrouth, capitale du Liban, pays où Ghosn est en exil et ne dispose d’aucun traité d’extradition ni protocole de coopération avec Interpol.

Le Navetta 37 construit par le chantier italien Custom Line. Photo de : Custom Line
Le Navetta 37 construit par le chantier italien Custom Line. Photo de : Custom Line

Par conséquent, à moins que le gestionnaire ne décide de mettre le cap sur le yacht et de l’amarrer dans un autre pays qui reconnaît les mandats de capture et d’arrêt d’Interpol, il est fort probable que, tout comme l’argent, le navire restera là où il se trouve.

Une longue histoire

Rappelez-vous que les vrais problèmes de Carlos Ghosn a commencé en 2018, lorsque, alors qu’il était président de Nissan, il a été arrêté, le 19 novembre 2018, à l’aéroport de Haneda, au Japon, accusé de conduite financière inappropriée en charge de la fortune du constructeur automobile japonais.

Sous la garde du tribunal local, qui l’a même maintenu en prison pendant quelques périodes, c’est cependant au moment où il était détenu chez lui, en attente de jugement, que Goshn a fini par s’évader, de manière vraiment spectaculaire – à l’intérieur d’un boîte d’instruments de musique, envoyée à son domicile au Liban. Lieu où il se trouve encore aujourd’hui.

Carlos Ghosn à côté du showcar K-ZE, en 2018
Carlos Ghosn à côté du showcar K-ZE, en 2018

Parallèlement, dans les six années qui ont suivi, le manager franco-brésilien, également titulaire d’un passeport libanais, a été la cible de plusieurs plaintes judiciaires en France, au Japon et dans d’autres parties du monde, Interpol ayant fini par émettre une alerte rouge pour arrestation. Ghosn.

Cependant, en même temps qu’il se dit « innocent », accusant le Japon d’avoir tenté de le condamner, uniquement par crainte que Renault ne domine Nissan, suite à la fusion qu’il a dirigée, le manager reste chez lui à Beyrouth, bénéficiant du fait que le pays n’extrade pas ses nationaux. Ceci, tout en promettant de répondre à toutes les accusations.

Il ne vous reste donc plus qu’à attendre…