Le V12 Peugeot 907 a battu des Ferrari et des Aston dans un univers parallèle

Le V12 Peugeot 907 a pris Ferraris et Astons dans un univers parallèle

Peugeot a toujours eu un faible pour les petites bombes sportives, des légendaires 205 GTI et 106 Rallye jusqu’aux plus récentes 208 et 308 GTI. Pourtant, dans les années 90, la marque avait un peu perdu de son éclat, souvent associée à des voitures sans saveur, celles qu’on conduisait quand on avait renoncé à toute forme de fun au volant. Mais tout a changé en 2004, lors du Salon de Paris, quand Peugeot a décidé de secouer un peu les choses avec une série de concepts pour le moins surprenants.

Parmi ces créations, il y avait le Quark, un drôle de quad avec une grande face souriante ; le 1007 RC, une petite citadine avec des portes coulissantes électriques (qui, d’ailleurs, a fini par être produite) ; et surtout le Peugeot 907, un énorme coupé grand tourisme animé par un V12 de 6,0 litres développant 500 chevaux, qui n’était autre qu’un assemblage de deux V6 3,0 litres de la marque. Ce moteur était monté en position avant-mi-moteur, propulsant les roues arrière via une boîte manuelle automatisée à six rapports, très tendance à l’époque.

Peugeot 907 - Overhead

Peugeot 907 – vue aérienne

Un design audacieux et luxueux

La carrosserie en fibre de carbone affichait un look classique de grand tourer, avec une cabine reculée derrière un long capot. Petit détail sympa : un panneau en plexiglas laissait entrevoir les 12 trompettes d’admission du moteur, un vrai régal pour les passionnés de mécanique. Le style, assez inhabituel, affichait fièrement le logo Peugeot, qui pouvait diviser les opinions. Perso, je trouve que cette touche donne un charme un peu décalé, un peu comme une vieille rockstar qui refuse de s’effacer.

Peugeot 907 - intérieur

Intérieur du Peugeot 907, un vrai cocon de luxe

À l’intérieur, c’était un festival de cuir bordeaux, d’alcantara blanc immaculé et d’aluminium poli. Ajoutez à ça un immense toit panoramique en verre qui baignait l’habitacle de lumière, ainsi qu’un duo de magnifiques horloges analogiques sur le tableau de bord. Franchement, c’était un espace qui respirait la classe et le raffinement. J’aurais adoré passer une journée au volant, juste pour le plaisir de m’immerger dans cette ambiance unique.

Une vraie bête de route, mais pas pour la production

Après avoir fait sensation au Salon de Paris, on pourrait croire que ce bolide est parti prendre la poussière dans un coin sombre. En fait, pas du tout. Le 907 était une voiture 100 % fonctionnelle, testée par des journalistes et capable d’atteindre 290 km/h (180 mph) avec un 0 à 100 km/h en environ 4 secondes. Pas mal pour un concept, non ?

Peugeot 907 - Front

Peugeot 907 – vue avant

Alors, est-ce que Peugeot avait l’intention de défier Ferrari ou Aston Martin sur leur terrain, genre Monaco ou Casino Square ? Pas vraiment. Si ce projet avait été envisagé, il a vite été abandonné. Le but principal était surtout d’attirer l’attention sur la marque et montrer qu’elle pouvait sortir des sentiers battus. On peut aussi penser que certaines technologies développées pour ce modèle ont nourri le programme de course d’endurance que Peugeot lancerait un peu plus tard, même si celui-ci n’avait pas grand-chose à voir avec ses voitures de route, surtout quand on parle de moteurs diesel.

Peugeot 907 - côté

Peugeot 907 – vue latérale

Aujourd’hui, le 907 repose tranquillement au musée Peugeot à Sochaux, loin des circuits et des regards du grand public. C’est un peu comme si cette voiture représentait un « et si ? » dans l’histoire de la marque, un rêve d’affronter les plus grands, mais qui s’est limité à un beau concept et quelques tours de piste.

En bref

Le Peugeot 907 reste un exemple fascinant de ce que la marque a pu imaginer une fois sortie de sa zone de confort. Pour ma part, j’adore quand un constructeur ose s’amuser avec ses idées, même si ça ne débouche pas sur un modèle vendu en concession. Ce genre de projet donne du caractère à une marque et fait rêver les passionnés, moi y compris.