Le VW V5 est l’un des moteurs les plus étranges jamais créés

Le VW V5 est l'un des moteurs les plus étranges jamais créés

Dans les années 1990 et au début des années 2000, Volkswagen aimait bien jouer avec des moteurs un peu hors normes. Sous la houlette de Ferdinand Piëch, le constructeur n’avait pas peur de mettre le paquet et d’explorer des concepts originaux. On se souvient du fameux moteur W, comme le W16 de 8 litres qui équipe la Bugatti Veyron, ou encore le plus improbable W8 de 4 litres que l’on a vu dans une VW Passat. Sans oublier le V10 diesel sur les Phaeton et Touareg, le seul du genre pour une voiture de série à l’époque, jusqu’à ce que l’Audi Q7 V12 TDI prenne le relais.

Mais parmi toutes ces machines, un moteur sort vraiment du lot par son originalité : le V5 de Volkswagen. Une mécanique plutôt rare, et qui a équipé des voitures accessibles ─ du jamais-vu à ce niveau.

Le V5, qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne ?

Moteur Volkswagen VR6 dans une Golf R32

Moteur Volkswagen VR6 dans une Golf R32

Pour comprendre ce fameux V5, il faut d’abord s’intéresser aux deux types de moteurs six cylindres les plus répandus : le V6 et le six cylindres en ligne. Chacun a ses points forts et ses limites quand on veut l’intégrer dans une voiture. Le six en ligne est plus doux et équilibré, parfait pour la fluidité, mais prend de la place. Le V6, plus compact, s’adapte mieux aux compartiments moteurs serrés, mais peut être un peu moins plaisant dans le ressenti.

Volkswagen n’a pas choisi l’un ou l’autre. Au lieu de ça, ils ont inventé le VR6, qui combine le meilleur des deux mondes. Imagine un moteur avec ses cylindres pas tout à fait alignés, mais pas complètement en V non plus, formant une sorte de zigzag sous une seule culasse, ce qui réduit la taille du moteur.

Le VR6 a fait un carton dès les années 90 et a été produit jusqu’en 2024, apprécié pour sa sonorité très particulière et sa fiabilité. Oui, il aurait pu s’arrêter là, mais non, Volkswagen a décidé en 1997 de sortir une version avec un cylindre en moins, ce qui a abouti au V5 2,3 litres.

Le plus dingue, c’est que ce V5 est littéralement le VR6 amputé d’un cylindre. Un manuel de réparation de VW dit simplement : « Le V5 est dérivé du VR6 en supprimant le premier cylindre ». Simple et efficace.

Pourquoi avoir créé ce moteur bizarre ?

Détail de l'insigne Volkswagen V5

Détail de l’insigne Volkswagen V5

Franchement, il faut se gratter la tête pour comprendre pourquoi VW a décidé de créer ce moteur. Leur idée était d’avoir quelque chose qui se place entre le quatre cylindres et le VR6, un peu en terme de puissance et sensations. C’est plutôt curieux, surtout qu’à côté, ils proposaient déjà le 1.8T, un quatre cylindres turbo très efficace et qui consommait moins que le V5.

J’ai toujours eu du mal à saisir cette stratégie ! L’entreprise n’était pas contre l’expérience, c’est sûr. Entre construire une voiture à 1 litre aux 100 km ou une sportive à plus de 400 km/h, tout était possible. Alors prendre un VR6, lui enlever un cylindre, et le proposer dans plusieurs modèles semblait être un coup de maître facile, même si l’intérêt réel restait flou.

Le V5 ne visait pas vraiment la même clientèle que le 1.8T : il devait être plus calme, plus posé, taillé pour la conduite relax, plutôt que la sportivité. Je me souviens d’un pote qui avait une Passat V5 à l’époque. Il me jurait que la sonorité était différente, plus sourde, presque lounge, parfaite pour les longs trajets.

Les specs et la vraie vie du V5

Détail arrière de la Volkswagen Passat V5

Détail arrière de la Volkswagen Passat V5

Le V5 a fait son apparition en 1997 principalement sur les marchés européens et d’Asie-Pacifique, notamment dans la Volkswagen Passat B5, puis sur la Golf Mk4, la Bora et la Seat Toledo. Au départ, il avait une architecture à 20 soupapes (deux par cylindre), avec une puissance d’environ 148 chevaux et un couple de 205 Nm (151 lb-pi). Certaines versions avaient même la transmission intégrale 4Motion, dispo sur la Golf, la Passat et la Bora.

À noter que ces modèles étaient aussi proposés avec le fameux moteur 1.8T turbo. Et là, on voit une drôle d’équation : la plupart des versions 1.8T et V5 ont la même puissance — 148 chevaux — et un couple similaire. Mais le V5 est plus lourd et consomme un peu plus. Forcément, ça compliquait son succès commercial. Le 1.8T était aussi plus vif et dynamique, tandis que le V5 jouait la carte du confort et de la sonorité unique.

Siège Toledo V5

Siège Toledo V5

Si vous avez eu la chance de rouler avec un V5, vous avez probablement remarqué sa bande sonore si particulière. C’est un peu comme un VR6, mais en plus rauque, avec cette note un peu grinçante qui ajoute du caractère, telle la signature d’une Audi Quattro. Au fil des années, ce moteur a gardé une petite communauté fidèle qui adore ce charme atypique.

Pour le fan de voitures que je suis, ce « demi-VR6 » représente une curiosité mécanique pleine d’histoires. Je me souviens d’un ami qui conduisait une Golf V5, et même s’il cherchait parfois plus de punch, il refusait de changer le moteur pour le 1.8T, justement à cause de ce son unique qui sortait du capot. Un genre d’âme mécanique que seuls certains moteurs savent transmettre.