Stellantis. Carlos Tavares avec une continuité menacée en raison de la pression des États-Unis

Stellantis. Carlos Tavares avec une continuité menacée en raison de la pression des États-Unis

La direction de Stellantis, sous la houlette de Carlos Tavares, traverse une période tumultueuse, particulièrement sur le marché nord-américain. Les critiques des concessionnaires et la baisse des bénéfices alimentent les doutes sur l’avenir du PDG. Des analyses sont en cours pour envisager la succession. La situation actuelle soulève des enjeux significatifs pour l’entreprise.

A l’heure où il est dans le collimateur des concessionnaires nord-américains, qui critiquent sa stratégie pour les USA, l’actuel PDG de Stellantis, le Français Carlos Tavares, commence à voir sa continuité au poste remise en question. Ceci, malgré un contrat valable jusqu’au début 2026.

La nouvelle est rapportée par Automotive News Europe, qui parle de la frustration du président du groupe Stellantis, John Elkann, notamment face aux performances de l’entreprise sur le marché nord-américain. Et cela a d’ailleurs déjà conduit le manager italo-américain à lancer une série d’études de marché, en vue de trouver un successeur à l’actuel Chief Executive Officer (CEO), Carlos Tavares.

Selon les informations recueillies par l’agence nord-américaine Bloomberg, auprès de sources non identifiées, Tavares pourrait encore conserver ce poste jusqu’à la fin de son mandat et même être inclus dans le processus de sélection de son successeur. Un scénario qu’un porte-parole de l’entreprise a cependant déjà contesté, garantissant que Tavares puisse même rester en poste plus longtemps, grâce à la prolongation du contrat actuel.

Carlos Tavares, PDG du groupe Stellantis
Carlos Tavares, PDG du groupe Stellantis

Par ailleurs, la directrice financière de Stellantis, Natalie Knight, est également venue prendre position sur le mécontentement des concessionnaires nord-américains, pour assurer que la résolution des problèmes ressentis aux États-Unis est une « priorité absolue » pour l’entreprise et que cela travaille déjà avec le but de présenter des solutions qui puissent satisfaire toutes les parties. Y compris les concessions.

Tavares accusé de « dégradation rapide » de la marque

Rappelons que les gérants des concessionnaires reprochent à Carlos Tavares de promouvoir, selon eux, une « dégradation rapide » de la marque et de ne pas en faire assez pour aider à éliminer les stocks en croissance.

De plus, et qui contribue à l’animosité envers le PDG de Stellantis, il y a le fait que Tavares soit responsable de nombreuses réductions du nombre de travailleurs dans les usines américaines des marques appartenant au groupe. Ceci, en même temps qu’il menaçait de fermer les marques ayant les performances commerciales les plus faibles, après avoir vu les bénéfices de l’entreprise chuter de 48% au cours des seuls six premiers mois de 2024.

Cette menace serait cependant levée peu de temps après, Stellantis garantissant officiellement s’engager à maintenir le portefeuille actuel de « 14 marques puissantes et emblématiques ». Par conséquent, il n’a pas l’intention de vendre aucune des marques ayant des résultats plus faibles, comme l’italienne Maserati ou les américaines Dodge et Chrysler.

Aux commandes de 2014

Quant à Carlos Tavares lui-même, il convient de rappeler qu’il est devenu PDG du français PSA en 2014, après avoir été désormais principalement responsable de la transformation de DS en marque indépendante, ainsi que de l’acquisition, par le français groupe, d’Opel.

En 2021, il sera également l’une des figures centrales de la fusion de PSA et Fiat Chrysler Automobiles, qui donnera naissance au groupe Stellantis, qui maintient encore aujourd’hui le Français comme PDG… et John Elkann comme président.