Le marché des véhicules électriques en Europe fait face à des défis de taille, avec une baisse significative des immatriculations observée ces derniers mois. Alors que la transition vers une mobilité plus verte semble reculer, de nouveaux objectifs d’émissions de CO2 pourraient compliquer davantage la situation. Les implications pour les constructeurs sont majeures.
Les constructeurs européens s’inquiètent des immatriculations de véhicules électriques, qui ont encore baissé pour le quatrième mois consécutif en août. Pour aggraver les choses, de nouveaux objectifs d’émissions de CO2 entreront en vigueur l’année prochaine, ce qui pourrait entraîner de lourdes amendes.
Le marché européen des véhicules électriques se refroidit, avec des immatriculations en baisse de 43,9 % dans l’Union européenne en août par rapport à la même période de l’année dernière, selon les statistiques de l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles).
En août, 92 627 véhicules électriques ont été immatriculés dans l’Union européenne, soit 72 577 de moins que l’année dernière. Les véhicules électriques à batterie représentent désormais 14,4 % du marché automobile de l’Union européenne, contre 21 % au même mois de l’année dernière. Selon l’ACEA, c’est le quatrième mois consécutif au cours duquel on constate une baisse des inscriptions. En termes cumulés pour les huit premiers mois de 2024, la part de marché des véhicules électriques alimentés par batterie est passée de 13,9 % à 12,6 %.

Cependant, la baisse des ventes n’est pas un problème qui touche uniquement les véhicules électriques. Selon l’ACEA, le mois d’août a été difficile pour tous les types de motorisations et il n’y a eu qu’une seule exception : les hybrides traditionnels (HEV)
Les immatriculations d’hybrides rechargeables (PHEV) ont chuté de 22,3 % en août, tandis que les voitures à essence ont chuté de 17,1 % et les diesels de 26,4 %.
Les hybrides en hausse
A l’inverse, les hybrides ont enregistré une croissance de 6,6% à 201.552 unités, soit le double du nombre d’immatriculations des véhicules électriques à batterie. Sur la base de ces chiffres, il ne sera pas surprenant que les constructeurs automobiles commencent à revoir leurs investissements dans les véhicules électriques et à investir davantage dans les hybrides.
Dans l’ensemble, le marché automobile de l’Union européenne a connu une baisse des ventes de 18,3 % en août 2024, l’Allemagne, l’Italie et la France connaissant une baisse à deux chiffres, tandis que le marché Français a chuté de 6,5 %. En termes cumulés, les nouvelles inscriptions ont augmenté de 1,4 %.

Sur la base de ce scénario, l’ACEA estime que des mesures d’allègement urgentes sont nécessaires avant que les nouvelles limites de CO2 pour les voitures et les véhicules utilitaires n’entrent en vigueur l’année prochaine.
« Il manque des conditions cruciales pour parvenir à l’augmentation nécessaire de la production et à l’adoption de véhicules zéro émission : des infrastructures de recharge et d’hydrogène, ainsi qu’un environnement de production compétitif, une énergie verte abordable, des incitations fiscales et d’achat et un approvisionnement sécurisé en matières premières, l’hydrogène et les batteries », indique l’ACEA, dans un communiqué. « La croissance économique, l’acceptation des consommateurs et la confiance dans les infrastructures ne sont pas encore suffisamment développées. »
Des amendes en préparation
L’ACEA souligne que les constructeurs européens s’exposent à des amendes de plusieurs milliards d’euros qui pourraient être investis dans des véhicules zéro émission s’ils ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de dioxyde de carbone.
Jusqu’à la fin de cette année, les ventes de voitures neuves dans l’Union européenne ne peuvent pas dépasser le niveau de flotte de 95 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre selon l’ancien cycle NEDC et les véhicules utilitaires ne peuvent pas dépasser 147 g de CO2/km.
Entre 2025 et 2030, les voitures doivent rester en dessous de 93,5 g CO/km, tandis que les véhicules utilitaires peuvent augmenter jusqu’à 153,9 g CO/km. Toutefois, ces valeurs sont basées sur le cycle de test WLTP le plus récent et le plus exigeant. Ces valeurs devraient baisser encore plus significativement à partir de 2030, l’objectif de 0 g CO2/km ayant été fixé à partir de 2035 pour toutes les voitures et véhicules utilitaires vendus dans l’Union européenne.
