La dernière Bugatti Mistral met fin à l’ère W16

La dernière Bugatti Mistral met fin à l’ère W16

Bugatti vient de tourner une page majeure en sortant de son usine de Molsheim, en France, le 99e et dernier roadster Mistral équipé du légendaire moteur W16. Depuis son retour dans les années 2000 sous l’aile de Volkswagen, la marque française a été associée avant tout à ce bloc d’exception, un 8,0 litres à quatre turbocompresseurs, synonyme de puissance brute et de vitesse démesurée.

L’odyssée du W16 : de la genèse à la consécration

J’aime bien penser à l’histoire de ce moteur comme à un vieux pote qui a toujours été là quand on avait besoin d’un coup de boost. Volkswagen a commencé à bidouiller autour de moteurs « W » volumineux dans les années 90, alors même qu’elle rachetait des marques prestigieuses. Ce fameux W16 a fait ses débuts en 1999 sur un concept Bentley, le Hunaudières, en version atmosphérique. Personnellement, j’étais fasciné par cette bête mécanique, un moteur qui semblait sorti d’un film de science-fiction.

Un an plus tard, on l’a aperçu dans l’Audi Rosemeyer, un concept assez brutal visuellement, mais ce n’est qu’en 2005 que le moteur a vraiment pris son envol avec la Bugatti Veyron 16.4. Ce monstre balançait alors 987 chevaux, soutenus par quatre turbocompresseurs, ce qui propulsait la Veyron à une vitesse folle de 407 km/h (253 mph). J’ai toujours en tête la vidéo de la première fois où quelqu’un a vraiment testé cette bête – c’est comme si la route n’existait plus.

Au fil des années, la puissance de ce W16 n’a fait que grimper. Dans la Veyron Super Sport, on parle d’un gain jusqu’à 1 183 chevaux, avant d’exploser avec la Chiron à 1 479 chevaux, puis la Chiron Super Sport et plusieurs éditions limitées, dont la fameuse Centodieci, la Bolide conçue pour la piste, et enfin la Mistral, dernière voiture où ce moteur hurle encore.

Bugatti Mistral finale - détail arrière
Bugatti Mistral finale – détail arrière

Un hommage à la fin d’une ère

La dernière Bugatti Mistral arbore une robe bicolore aux teintes « Pearl » et « Sparkle », avec l’inscription « The last of its kind » (le dernier de son genre) visible un peu partout sur la voiture, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Ça m’a donné un petit pincement au cœur, comme quand on finit un bon vieux jeu vidéo qu’on a adoré – on sait que c’est fini, mais on a envie d’y revenir encore une fois.

Bugatti Mistral finale - détail intérieur
Bugatti Mistral finale – détail intérieur

Même si c’est clairement un moment émouvant pour les fans comme moi, ce n’est pas la fin du moteur 16 cylindres chez Bugatti. Le constructeur français a déjà annoncé son nouveau bolide, le Tourbillon, qui troque le W16 pour un V16 de 8,4 litres, conçu avec Cosworth. Plutôt que de miser sur les turbos, cette motorisation se mêle à trois moteurs électriques, pour une puissance combinée de 1 775 chevaux. J’ai hâte de voir ce que ça donnera sur piste, surtout en comparaison avec le bruit et la puissance brute du W16.

Finale Bugatti Mistral - côté, avec l'équipe Bugatti
Finale Bugatti Mistral – côté, avec l’équipe Bugatti

Et après la dernière Mistral ?

Un truc qui m’a bien surpris, c’est que même si la Mistral est la dernière Bugatti neuve avec ce fameux W16, il pourrait y avoir d’autres « nouvelles » voitures équipées de ce même moteur via le programme Solitaire. Ce concept permet à Bugatti de reprendre des plateformes et moteurs existants pour créer des modèles uniques sur mesure, comme la Brouillard l’année dernière ou encore la FKP Hommage en début d’année. C’est un peu comme donner une seconde vie à ces moteurs colossaux, presque comme si chaque voiture racontait une histoire différente.

Pour ma part, ce moteur W16 reste l’un des symboles les plus incroyables du monde automobile. J’en garde encore des frissons quand j’entends un Veyron ou une Chiron rugir. Même si le futur s’oriente vers l’hybride et l’électrique, ces monstres de mécanique ne seront pas oubliés de sitôt.