10 héros boostés des débuts du turbocompresseur

10 héros boostés des débuts du turbocompresseur

Si vous achetez une voiture thermique neuve en 2026, il y a de grandes chances qu’elle soit équipée d’un turbocompresseur. Presque tous les constructeurs majeurs ont adopté cette technologie sur leurs moteurs, car elle permet à des blocs plus petits et économes de délivrer une puissance équivalente à celle de moteurs plus volumineux, tout en respectant des normes anti-pollution de plus en plus strictes à travers le monde.

Cependant, ce n’est qu’au cours des quinze dernières années que le turbo est devenu la norme sur les modèles essence. Avant, c’était plutôt une technologie réservée aux voitures de performance, aux moteurs diesel, ou expérimentale. J’ai retrouvé pour vous quelques modèles emblématiques qui ont marqué les débuts de ce phénomène, des voitures qui ont osé adopter la suralimentation bien avant que ce soit courant.

Les pionnières du turbo : quand les Américains ouvraient la voie

Oldsmobile F-85 Jetfire

Oldsmobile F-85 Jetfire

Imaginez un instant : c’était il y a soixante ans, et pourtant c’est bien les Américains qui ont été parmi les premiers à oser le turbo en standard sur une voiture de série, bien avant les Européens. L’Oldsmobile F-85 Jetfire, vendue à partir de 1962, avait un V8 turbocompressé de 3,5 litres tout en aluminium, développant environ 215 chevaux. Le nom Jetfire, assez futuriste, rappelait un avion de chasse des débuts de l’aviation de combat, ce qui donnait à la voiture une aura folle.

J’avoue, moi qui adore les anciennes américaines, j’ai toujours été fasciné par cette machine qui semblait sortir tout droit d’un film de science-fiction ! Néanmoins, le coût élevé et quelques soucis de fiabilité ont coupé court à son succès, et elle n’a été produite que deux ans. Mais on peut dire que cette Jetfire a semé une graine qui allait bientôt pousser dans le monde entier.

Chevrolet Corvair Monza Spyder

Chevrolet Corvair Monza Spyder

À la même période, une autre division de General Motors testait aussi le turbo sur la Chevrolet Corvair. Cette voiture avait une démarche vraiment différente : alors que la plupart des américaines étaient des grosses berlines avec un moteur V8 à l’avant, la Corvair adoptait un moteur six cylindres à plat, refroidi par air, situé à l’arrière (un choix assez européen en fait). En 1962, la version Monza Spyder recevait un turbocompresseur, offrant 150 chevaux avec son 2,4 litres à plat.

La Corvair garde aussi un souvenir un peu controversé, notamment à cause du livre Unsafe at any Speed, qui critiquait son comportement routier, mais pour les fans d’innovation, c’est clairement un modèle à part. J’avoue que cette architecture moteur m’a toujours intrigué, surtout pour une époque où les moteurs avant semblaient incontournables.

Les Européens entrent dans la danse avec style

BMW 2002 Turbo

BMW 2002 Turbo

Une décennie plus tard, c’est la BMW 2002 Turbo, sortie en 1973, qui a vraiment donné un coup de fouet à cette tendance en Europe. Avec un 2 litres développant un impressionnant 168 chevaux, cette compacte sportive n’a pas fait semblant. En plus du look agressif avec ses élargisseurs d’ailes et son splitter en fibre de verre, elle affichait fièrement des autocollants « turbo » sur son pare-chocs avant — placés à l’envers pour être lus dans le rétro des autres conducteurs. Une idée un peu arrogante mais qui correspondait bien à l’époque !

Je me rappelle encore d’une sortie entre potes où l’un d’entre eux roulais en BMW 2002 Turbo : l’accélération était brutale, presque déroutante pour un modèle de cette époque, surtout quand la crise pétrolière commençait tout juste à frapper.

Porsche 911 Turbo (930)

Porsche 911 Turbo (930)

Un an après cette BMW, Porsche a frappé très fort avec la 911 Turbo (930) en 1974. Cette voiture a vraiment popularisé le turbo comme un signe distinctif de puissance et de sportivité, mais aussi un peu de danger. Ses 256 chevaux issus d’un flat-six de 3 litres rendaient cette 911 comparable aux supercars italiennes de l’époque, un vrai coup de poing dans la face des conducteurs plus classiques.

Entre nous, c’est une de mes voitures préférées des années 70. J’ai eu la chance de voir une 930 Turbo dans un musée allemand il y a quelques années, et même à l’arrêt, son aura imposante faisait presque peur ! Le turbo provoquait un effet de poussée souvent brutal, maigre consolation pour son comportement parfois piégeux à conduire, qui réclame une vraie maîtrise.

Saab 99 Turbo

Saab 99 Turbo

La 930 Turbo était presque hors de portée pour beaucoup, avec un prix équivalent aujourd’hui à plus de 140 000 €, mais une petite scandaleuse venue de Suède s’est montrée plus abordable en 1978 : la Saab 99 Turbo. Avec son 2 litres de 143 chevaux, elle rivalisait avec des moteurs bien plus gros des autres marques. Son atout principal était le prix, moins de 9 000 € de nos jours, la rendant accessible aux conducteurs qui voulaient goûter aux joies du turbo sans casser leur tirelire.

J’ai toujours trouvé la Saab fascinante, car elle ouvrait vraiment la porte au grand public pour conduire un turbo. C’était un virage majeur pour que cette technologie cesse d’être réservée aux voitures de niche.

Quelques joyaux iconiques et leurs petites histoires

Buick Grand National

Buick Grand National

Pour revenir un peu aux États-Unis, Buick a su tirer parti du turbo sur la gamme Regal dès 1978 avec le Coupé Sport. Son V6 3,8 litres turbocompressé développait déjà 165 chevaux, bien plus que la plupart des V8 souffrant de restrictions d’émissions à cette époque.

Les versions suivantes, comme la T-Type et la mythique Grand National, ont poussé les choses encore plus loin. Le point d’orgue fut la Grand National GNX de 1987, équipée d’un turbo Garrett amélioré, avec 276 chevaux et un 0 à 100 km/h en 4,7 secondes. En 2024, ce modèle est devenu une icône, notamment après avoir inspiré un album de Kendrick Lamar, preuve que la culture populaire s’empare de ces voitures iconiques.

Mercedes-Benz 300 SD (W116)

Mercedes-Benz 300 SD (W116)

Pour les amateurs de diesel, la Mercedes-Benz 300SD W116 lancée en 1978 a présenté l’une des premières applications de turbo sur un moteur diesel. Son cinq cylindres de 3 litres, déjà reconnu pour sa fiabilité, gagnait en peps grâce au turbo, offrant une puissance d’environ 110 chevaux.

Surprenant, elle n’a été vendue qu’en Amérique du Nord et au Japon, des pays où le diesel n’a jamais vraiment percé. Chez nous, ce sera la Peugeot 604 D Turbo l’année suivante qui marquera cette avancée.

Nissan Gloria Turbo (430)

Nissan Gloria Turbo (430)

Chez les Japonais, le turbo est arrivé plus timidement. C’est la Nissan Cedric/Gloria 430 de 1979 qui marque les débuts officiels. Ces grandes berlines un peu impressionnantes cachent un six cylindres 2 litres turbocompressé, le L20ET, développant 143 chevaux.

Je me souviens avoir lu que Nissan voulait surtout garantir l’efficacité de cette mécanique plus que la performance brute, ce qui a permis au moteur de recevoir l’aval du gouvernement alors que les réglementations étaient serrées.

Maserati Biturbo Spyder

Maserati Biturbo Spyder

En 1981, Maserati a surpris tout le monde en lançant la Biturbo, première voiture de série équipée de deux turbocompresseurs. Son V6 biturbo, tout en restant en dessous de 2 litres pour échapper à la lourde taxe italienne sur les gros moteurs, délivrait déjà 180 chevaux.

Pour la petite anecdote, Maserati a sauvé ses ventes grâce à ce modèle plus accessible, alors que la marque allait mal. Même si aujourd’hui la Biturbo traîne une réputation pas terrible côté fiabilité, son double turbo a largement inspiré les modèles sportifs et les SUV puissants qu’on connaît aujourd’hui.

Renault 5 Alpine Turbo

Renault 5 Alpine Turbo

Enfin, une voiture qui me rappelle mon adolescence : la Renault 5 Alpine Turbo de 1982. Renault a été la première à appliquer le turbo sur une vraie compacte à traction avant, avec un 1,4 litre passant à 110 chevaux, au même niveau que la Golf GTI d’origine. La 5 était loin d’être la plus populaire face à l’icône allemande, mais elle se défendait bien avec ses badges « Turbo » fièrement affichés partout.

À titre perso, j’ai toujours aimé cette Renault 5 pour son côté joueur et accessible. Je me revois encore en conduire une tenue pour mes premières sorties sur route : petits sauts, accélérations franches, sensations juste comme il faut. C’est la preuve que le turbo s’est vite démocratisé et qu’il a changé la donne, même sur les voitures plus modestes.

Que ce soit les débuts américains, les premières révolution européennes ou les modèles nippons puis italiens, ces voitures ont toutes un point commun : elles ont rendu le turbo populaire et désirable, en ouvrant la voie à la myriade de moteurs turbocompressés qui nous entourent aujourd’hui.