On connaît tous ce plaisir simple : une compacte sportive bien réussie donne toujours le sourire. Mais parfois, une marque rate la cible, et ça peut faire mal. Pour chaque modèle devenu culte, il y en a une poignée qui peinent à séduire, ou pire, qui se prennent des critiques plutôt sévères.
J’ai choisi de revenir sur 10 compactes sportives qui, à leur sortie, n’ont pas vraiment fait l’unanimité. J’analyse leurs points faibles, ce qui les a pénalisées, et je me demande si elles n’auraient pas mérité un peu plus d’amour, avec un peu de recul.
Fiat Stilo Abarth : un moteur sympa mais un ensemble un peu lourd
Fiat Stilo Schumacher GP
Cette version Abarth de la berline familiale Stilo, sortie au début des années 2000, souhaitait donner un coup de boost avec un moteur cinq cylindres 2,4 litres plus original que d’habitude. En Angleterre, on a même vu une édition spéciale Schumacher GP préparée par Prodrive, avec un châssis affûté.
Malheureusement, sous le capot, le moteur ne développait « que » 170 ch, le même niveau qu’une Ford Focus ST170 de cette génération. Et avec un poids de 1 340 kg, la Stilo n’était pas franchement vive sur les lignes droites. Son look un peu passe-partout n’a pas aidé à la rendre excitante visuellement, même si certains louaient sa maniabilité plutôt correcte.
Pour avoir essayé un modèle similiaire, je me souviens d’une voiture tout à fait correcte, mais sans cette magie qui fait qu’on a envie de s’amuser à son volant. En comparaison, la Ford Focus ST Mk2 sortie un peu plus tard était carrément plus plaisante.
Verdict : Pas sûr qu’elle ait mérité plus d’attention. La tentative de Prodrive a apporté un soupçon d’amélioration, mais c’était avant tout un moteur agréable qui sauvait la donne. Le reste passait un peu à la trappe.
Volkswagen Golf GTI Mk4 : solide mais un peu tiède
Volkswagen Golf GTI Mk4
La Mk4 de la Golf GTI divisait un peu les fans. Sur certains marchés, elle était proposée avec un simple 2,0 litres de 115 ch (assez faiblard), alors que d’autres pouvaient profiter du VR6 2,8 litres ou même d’un diesel turbo au Royaume-Uni.
Le design restait élégant et la qualité de finition bluffante, comme toujours chez VW. Pourtant, même la GTI ne dégageait pas cette flamme qu’on attend d’une compacte sportive. Certains moteurs plus puissants, comme le 1.8 turbo de 180 ch aux États-Unis, donnaient un peu plus de caractère, mais cette génération manquait clairement de punch et d’implication derrière le volant.
Je me souviens avoir conduit une Mk4 récemment, et le ressenti aux commandes était plutôt agréable pour une voiture de cette époque, mais clairement pas passionnant. Les premières versions 2,0 litres sont à éviter si on veut un peu de plaisir.
Verdict : selon la version, cette Golf s’est plutôt bien vieillie, même si on reste loin des légendes de la lignée GTI. Une compacte solide, mais pas de quoi faire vibrer le cœur des mordus de conduite.
Peugeot 206 GTi : un héritier qui faisait pâle figure face au mythe
Peugeot 206 GTi 180
Successeur direct de la mythique 205 GTi, la 206 avait de grosses chaussures à remplir. Le souci, c’est que cette compacte plus orientée « grand public » ne pouvait rivaliser avec la fougue et la légèreté de sa grande sœur.
Sous le capot, la version essence de 137 ch était bien trop sage, et le diesel de 108 ch estampillé GTi (sans raison) faisait grincer des dents. Ce n’est qu’en 2003, avec la sortie de la 206 GTi 180 développant 175 ch, que les choses se sont un peu améliorées. Niveau look, Peugeot n’a malheureusement pas beaucoup travaillé pour donner un vrai caractère sportif à cette version.
À ma connaissance, la 206 GTi n’a jamais fait vibrer les passionnés comme la 205. Même face à des rivales comme la Clio Renaultsport ou la Mini Cooper S, elle peinait vraiment à suivre.
Verdict : La version de base reste un peu en dessous, mais la GTi 180 fait partie des rares à pouvoir reprendre un peu de respect. Cela dit, elle reste loin des stars de son époque.
Honda Civic Type R (FN2) : grand frère critiqué mais attachant
Honda Civic Type R (FN2)
Après la fameuse EP3 surnommée « Breadvan », la FN2 a fait son apparition avec un style qui divisait un peu, certains disant qu’elle avait un look un peu « pâte à tartiner ». Avec son moteur K20 de 2,0 litres et 198 ch, elle offrait juste un cheval de plus que la génération précédente, mais beaucoup la trouvaient moins nerveuse.
À titre perso, je pense que ce moteur reste l’un des plus excitants de ce type, même si le système VTEC avait été revu pour calmer son caractère. La conduite était ferme, voire raide, et la voiture ne donnait pas forcément cette sensation de pure sportivité qui fait chavirer les cœurs. Et puis, le Japon sortait pendant ce temps une Civic Type R bien différente, que beaucoup préfèrent encore.
Verdict : Elle gagne en sympathie avec le temps. Critiquée à l’époque, elle a encore ses fans aujourd’hui, moi y compris, notamment pour son caractère moteur unique et son style à contre-courant.
Alfa Romeo 147 GTA : un moteur incroyable freinant le bonheur
Alfa Roméo 147 GTA
Pour ceux qui aiment le son et les sensations d’un V6 italien, la 147 GTA est un vrai rêve. Avec un 3,2 litres de 247 ch, elle écrasait ses concurrentes en puissance à traction avant.
Mais ce moteur généreux devenait un vrai problème sans différentiel à glissement limité. La puissance envoyée uniquement sur les roues avant provoquait du sous-virage et un comportement assez instable. Résultat : difficile d’exploiter pleinement tout ce potentiel.
J’ai eu l’occasion de croiser des modèles bien préparés, équipés justement d’un LSD, et la voiture prenait un tout autre visage, beaucoup plus efficace et agréable à conduire. C’est une préparation que beaucoup recommandent vivement. Les passionnés ont compris, et aujourd’hui, les prix ne cessent de grimper.
Verdict : Je pense franchement qu’elle méritait mieux. Pas facile à maîtriser en sortie d’usine, mais un moteur aussi charismatique, ça ne se trouve pas tous les jours.
Renault Clio 200 EDC : un passage automatique contesté
Renault Clio RS 220 Trophée
La dernière Clio Renault Sport s’est éloignée du duo moteur atmosphérique 2,0 litres + boîte manuelle qu’on adorait, pour passer à un 1.6 turbo couplé à une boîte automatique double embrayage EDC.
Sur le papier, la voiture est rapide et bien réglée, surtout dans sa version Trophy. Mais je t’avoue que le changement d’ambiance fut difficile à avaler pour beaucoup. Cette boîte n’a pas forcément la douceur qu’on espérait, et la petite explosion de sensations offerte par les anciens moteurs s’est un peu dissipée. Du coup, le charme ne prenait pas totalement.
Aujourd’hui, alors qu’on s’habitue tous aux boîtes automatiques, il faut peut-être repenser à l’approche qu’a eue Renault avec cette voiture. Entre nostalgie et évolutions techniques, on est partagé.
Verdict : Je pense qu’elle méritait un peu plus de crédit, surtout en sachant à quel point il devenait compliqué de faire des sportives avec des moteurs atmosphériques dans ce contexte réglementaire. Et puis, c’est mieux que de ne plus avoir du tout de Clio rapide, comme aujourd’hui.
Quelques autres modèles qui ont divisé
Ford Escort Mk5 RS2000 : Une compacte sportives qui portait un nom prestigieux mais qui décevait par son ressenti de conduite froid, son intérieur cheap, et sa simplicité mécanique. C’est dur de rivaliser avec l’aura de la RS2000 des années 70.
Mini JCW GP (F56) : Troisième du nom, cette Mini explosait la puissance avec 302 ch mais misait tout sur un châssis ultra-rigide qui la rendait peu accessible au quotidien. Et la boîte auto à huit rapports manquait de punch. Pour moi, un modèle à réserver aux fans prêts à s’adapter.
Mitsubishi Lancer Ralliart : Une sorte de version allégée de la Evo X, avec un moteur turbo sympa et une transmission intégrale, mais sans les aides électroniques clés et avec un intérieur très basique. Elle peinait à vraiment justifier son statut face à une Golf R de la même époque.
Toyota Corolla T Sport : Souvent oubliée, cette Corolla sportive manquait cruellement de caractère. Son moteur 1,8 l et un compresseur sur la version limitée ne suffisaient pas à faire d’elle une vraie compacte sportive. Un choix sage pour Toyota de tenter sa revanche avec la GR Yaris plus tard.
Pour conclure, j’ai toujours trouvé que certaines de ces compactes avaient au moins le mérite d’offrir un truc un peu différent, même si la sauce ne prenait pas toujours. Mais on apprend souvent à apprécier ces modèles boudés avec quelques années de recul, et parfois même à en tomber amoureux, quand la folie de leur époque s’est un peu calmée.
