Après une pause notable, Alfa Romeo revient sur le devant de la scène avec une voiture à hayon. Et forcément, ça fait se demander si une version vraiment sportive est au programme.
La marque italienne a toujours eu un rapport compliqué avec ses compactes musclées : l’Alfasud Ti a marqué les esprits malgré un hayon un peu discret, la 145 Cloverleaf est un bijou méconnu des années 90, la Giulietta Cloverleaf était rapide mais sans grande émotion et la MiTo Cloverleaf… eh bien, on va passer rapidement dessus.
Alfa Romeo 147 GTA
La légende de la 147 GTA, une compacte à part
En 2002, Alfa a frappé fort avec la 147 GTA, une compacte qui ne passait pas inaperçue. Sous le capot, le mythique V6 Busso de 3,2 litres développait 247 ch, transmis uniquement aux roues avant. À cette époque, proposer autant de puissance sans diffusion du couple à l’arrière relevait du pari risqué. Moi, j’ai eu la chance d’en conduire une il y a quelques années, et croyez-moi, elle ne fait pas dans la demi-mesure. La puissance qu’elle dégage est à la fois enivrante et un peu dangereuse, surtout quand le train avant commence à chercher un peu trop la bagarre dans les virages serrés.
Ce qui pouvait sembler une faiblesse, à savoir l’absence de différentiel à glissement limité, donnait finalement une personnalité unique à cette 147. C’était un peu comme un pétard mouillé parfois, mais toujours avec ce son d’échappement qui vous colle un sourire bête pour toute la journée. Dommage que sa carrière fut assez courte : la 147 a été restylée en 2005, mais la GTA est restée fidèle à son look d’origine avant de disparaître rapidement de la scène.
Les tentatives étranges qui ont suivi
Après la GTA, Alfa a tenté de raviver la flamme avec la 147 Sport Q2 sortie en 2007. Cette version proposait enfin le fameux différentiel à glissement limité Q2 qui aurait tant aidé la GTA, mais ironiquement, uniquement sur un moteur diesel 1,9 litre de 148 ch ! Je veux dire, sérieusement ? Le fameux Q2 débarque sur un diesel alors que la version essence brûlante en manquait cruellement ? Le paradoxe ne s’arrête pas là, car cette motorisation JTDm (Jet Turbo Diesel Multijet… oui, jet deux fois) offrait un caractère totalement différent, beaucoup moins explosif que le V6 mais avec un côté plus pratique.
Alfa Romeo 147 Sport Q2
Cette Sport Q2 n’a pas révolutionné la catégorie, mais elle a au moins apporté de la nouveauté à la 147 vieillissante. Par contre, du côté des sensations, ça manquait clairement de ce petit grain de folie qui caractérisait la GTA.
La 147 Ducati Corse : un diesel sportif un peu décalé
En 2008, Alfa a frappé encore plus fort, ou plutôt plus bizarrement, en lançant la 147 Ducati Corse. Cette édition limitée rendait hommage à l’équipe de MotoGP Ducati, avec qui Alfa partageait un peu d’histoire. Le moteur diesel de 1,9 litre a gagné quelques chevaux (168 ch) et du couple (243 lb-pi), ainsi qu’un mode Sport pour pimenter un peu la réponse de l’accélérateur.
Alfa Romeo 147 Ducati Corse – vue avant
Le look était clairement inspiré du partenariat moto : jantes de 18 pouces spécifiques, bandes décoratives assez… voyantes, et les logos Ducati Corse étaient partout. Le roseau était présenté en trois teintes uniquement : rouge, blanc ou noir. Personnellement, je la trouve curieuse, un peu comme un mariage entre la passion italienne de la moto et la rigueur froide du diesel, un cocktail surprenant !
Casey Stoner posant avec l’Alfa Romeo 147 Ducati Corse
Le champion MotoGP 2007, Casey Stoner, était souvent mis en avant dans la communication, bien plus que la voiture elle-même. Franchement, je me demande ce qu’il a pensé de cette drôle de berline diesel au look à la fois sportif et atypique.
Sur le papier, cette 147 diesel embarquant le Q2 battait certains rivaux, comme la Mégane Renaultsport 175 dCi ou la Skoda Octavia vRS diesel. Elle abattait le 0 à 100 km/h en 8 secondes, ce qui n’était pas mal, même si la vitesse de pointe plafonnait à 134 km/h, un peu en retrait. Son prix de départ ? 20 000 €, moins cher que ses concurrentes, même si la plateforme était déjà un peu dépassée après huit ans de carrière.
Au final, la 147 Ducati Corse est clairement une curiosité dans l’histoire d’Alfa Romeo. Cette petite sportive diesel, bien équipée mais un peu bancale, est passée à côté de la notoriété, oubliée par les fans et la presse. De mon expérience, elle ne marque pas autant les esprits que la 147 GTA, mais elle reste une preuve étonnante des expérimentations d’Alfa dans les années 2000.
Si la prochaine Alfa Romeo à hayon doit avoir une version chaude, j’espère qu’elle aura ce mélange de passion et de folie qui a fait la beauté de la 147 GTA, et pas ce côté diesel un peu étrange.
