La Morgan Supersport arrive aux États-Unis, mais il lui manque deux choses importantes

La Morgan Supersport se dirige vers les États-Unis, mais il lui manque deux choses importantes

Avec les normes européennes qui deviennent de plus en plus sévères pour les émissions, il est courant que les voitures de sport vendues en Europe affichent moins de puissance que leurs homologues étrangers. Par exemple, la Ford Mustang Dark Horse propose 500 ch aux États-Unis, mais seulement 453 ch en version européenne. Pareil pour la Toyota GR Yaris, qui perd 24 chevaux en passant du Japon à l’Europe, en chutant de 300 à 276 ch.

La Morgan Supersport s’invite sur le marché américain

La petite marque anglaise Morgan casse un peu cette dynamique avec son dernier bijou, la Supersport, qui vient d’obtenir le feu vert pour être vendue aux États-Unis. Ce succès vient d’un règlement plutôt particulier qui permet aux constructeurs de vendre jusqu’à 325 exemplaires par an sans passer par la lourde procédure d’homologation classique, du moment que la voiture ressemble à une ancienne. Morgan a bien joué le coup avec le style rétro de la Supersport : même si c’est un modèle complètement nouveau, son design « vintage » lui permet d’entrer dans les clous.

Morgan Supersport - arrière
Morgan Supersport – vue arrière

Pour moi, cette annonce est un vrai bol d’air frais. Les fans américains de Morgan, qui sont très fidèles, vont pouvoir enfin profiter de cette sportive unique, même si elle n’a pas le même cœur que la version européenne. Le moteur 3,0 litres six cylindres en ligne turbocompressé BMW B58, qui sort 335 ch chez nous, n’a pas été homologué là-bas. La Supersport américaine se contente alors d’un moteur plus petit, le 2,0 litres quatre cylindres B48 retouché pour correspondre aux normes d’émissions particulièrement strictes de certains États, notamment la Californie. En résulte une puissance réduite à 255 ch et un couple qui tombe à 350 Nm (258 lb-pi).

Malgré cette baisse, la voiture garde un bon équilibre poids/puissance. En effet, le passage à un moteur plus compact fait chuter le poids de 1 170 kg à 1 143 kg, ce qui donne environ 223 ch par tonne. C’est plutôt intéressant, même si, bien sûr, les performances exactes risquent de s’en ressentir un peu. De mon côté, je vois ça comme une version plus légère, ce qui peut aussi offrir plus de fun dans certaines situations, surtout sur routes sinueuses.

Ce qui change… et ce qui ne change pas

Mis à part cette différence notable sous le capot, la Morgan Supersport destinée au marché américain est identique à la version européenne. Elle repose sur un châssis 100 % aluminium, abandonnant le bois dans la structure, bien que la tradition Morgan perdure puisque quelques parties restent en bois pour l’ossature. La transmission automatique à huit rapports ZF entraîne les roues arrière, avec la possibilité d’ajouter un différentiel à glissement limité — un équipement essentiel pour tirer le meilleur parti de cette propulsion.

Autre détail à prendre en compte : sur le marché américain, le levier de vitesses en aluminium, qui était jusque-là une option rare sur la Supersport 400, devient un équipement de série, remplaçant la pièce BMW plus classique et moins stylée. Je l’ai trouvé vraiment bien pensé, avec un toucher qui colle parfaitement à cette sportive d’inspiration classique, sans faire cheap.

Morgan Supersport - côté
Morgan Supersport – profil
Morgan Supersport 400 - sélecteur de vitesses en aluminium
Levier de vitesses en aluminium sur la Supersport 400

Côté tarif, la Supersport sur le marché américain est proposée à 119 995 $ hors taxes et frais, ce qui revient à environ 115 000 €. Curieusement, ce prix est un peu plus attractif que la version anglaise, vendue à partir de 125 000 €. On a donc un cas rare où les États-Unis ont un peu plus de facilité d’accès à ce modèle de niche.

Pourquoi cette voiture est spéciale à mes yeux

J’ai toujours aimé Morgan pour cette capacité à mêler tradition et modernité dans un cocktail un peu fou. La Supersport incarne ça parfaitement. Elle rappelle les anciennes sportives anglaises, avec cette esthétique qu’on ne voit plus guère dans le paysage automobile, mais elle saute aussi le pas du contemporain en intégrant un châssis tout aluminium et des mécaniques modernes de BMW. Ce serait le genre de voiture que j’adorerais avoir dans mon garage, ne serait-ce que pour le plaisir fou de sortir des sentiers battus et rouler avec une auto qui ne ressemble à aucune autre.

Je me souviens la première fois que j’ai vu une Morgan dans la rue : l’étonnement était total, et c’est souvent la même réaction aujourd’hui quand on croise une Supersport, que j’imagine encore plus déroutante pour les Américains qui ne la connaissaient pas jusqu’ici.

Bref, Morgan fait le pari de rester fidèle à ses racines tout en s’ouvrant à de nouveaux marchés, et ce geste envers les États-Unis est une sacrée belle surprise. J’espère que l’accueil sera chaud, car ces autos méritent qu’on les conduise avec le sourire.