Les plans de Lotus pour marquer la fin de sa production de voitures de sport à essence avec l’Emira, avant de se concentrer sur les véhicules électriques haut de gamme, n’ont pas vraiment tourné comme prévu. Même si l’Eletre et l’Emeya ont permis à la marque britannique de toucher un public un peu plus large, les chiffres de vente restent bien en deçà des attentes. La société est encore fragile financièrement malgré les gros investissements de son propriétaire chinois Geely, un véritable colosse de l’automobile.
Lotus reprend les commandes avec une supercar hybride
Face à ces difficultés, Lotus annonce un gros changement de cap via son plan « Focus 2030 ». La grosse surprise : pour 2028, une nouvelle supercar hybride V8 pointe à l’horizon. Sauf pour l’Evija, cette hypercar électrique ultra-limitée, ce sera la première vraie incursion de Lotus dans le monde des supercars depuis l’Esprit V8 des années 2000. Mais le contexte mécanique et technologique n’a rien à voir avec celui d’il y a vingt ans.
La future supercar, seulement connue sous le nom de code Type 135, promet plus de 1 000 chevaux (soit 986 ch selon l’ancienne mesure). Cela la place directement face aux mastodontes du segment, comme la Lamborghini Revuelto, la Ferrari 849 Testarossa ou encore l’Aston Martin Valhalla.
Pour l’instant, on dispose de peu d’informations. Une unique silhouette sombre dévoile une silhouette arrondie avec des feux arrière très fins, deux énormes sorties d’échappement rondes, et un profil assez angulaire qui rappelle l’ancienne Esprit. Le concept Theory 1 de 2024, bien que prévu comme une électrique pure, donne semble-t-il une bonne idée du style et des lignes que le modèle final pourrait adopter.
Ce qui se cache sous le capot et les mystères de la production
Du côté de la mécanique, on ne s’attend pas à ce que Lotus crée un moteur maison. La piste la plus probable reste un V8 biturbo 4.0 litres signé Mercedes-AMG, un moteur déjà utilisé pour l’Emira dans sa version quatre cylindres. Ce V8 devrait aussi apparaître sous le capot de cette supercar, un choix logique vu qu’Aston Martin l’utilise également sur la Valhalla. Autant dire que ce moteur reste le cœur des supercars, et que les fans de roar et de sensation motorisée n’ont pas encore été oubliés.
Concernant la partie hybride, aucune confirmation sur le type d’hybridation n’a été donnée pour le moment. Lotus pourrait bien opter pour un système différent de l’hybride rechargeable classique, mais clairement l’essentiel sera porté par la mécanique thermique puisqu’une grosse partie des acheteurs de supercars veulent du son et de la puissance à l’ancienne.
Un point intéressant : Lotus indique que le Type 135 devrait être produit en Europe, mais aucune mention n’a été faite pour son usine historique à Hethel, dans le Norfolk. Cela suggère qu’ils envisagent une autre base de production pour cette nouvelle étape, même si on ne sait pas encore où exactement. Cette direction marque une petite rupture avec le passé et pourrait surprendre les puristes.
Ce qui arrive bientôt chez Lotus et les ambitions à venir
En parallèle, Lotus continue de faire évoluer sa gamme électrique et hybride. L’Eletre X vient d’être lancé en Chine avec un groupe motopropulseur hybride de 939 chevaux – vendu sous le nom de Lotus For Me sur ce marché. Il déboulera en Europe vers la fin de l’année. La berline Emeya suivra avec une motorisation similaire.
La bonne surprise pour les nostalgiques, c’est que l’Emira, censée disparaître rapidement, est toujours vivante et que Lotus planche sur une version encore plus puissante et plus légère. C’est une excellente nouvelle, parce que j’ai toujours eu un faible pour cette sportive qui allie légèreté et sensations sans trop de fioritures.
En revanche, certains projets semblent abandonnés, notamment le Type 134, un SUV électrique censé concurrencer le Porsche Macan, qui a déjà été repoussé plusieurs fois en raison du manque de demande. Il paraît même possible que ce modèle ne voie pas le jour. Idem pour une petite sportive électrique qui avait le même nom de code que la future supercar, Type 135, mais dont on n’entend plus parler. Rendez-vous compte, ça fait un bon gros virage par rapport à ce qu’ils avaient imaginé il y a encore quelques années !
Dans mon entourage de passionnés, on parle souvent de la difficulté pour des marques historiques de garder leur identité tout en s’adaptant à un marché en pleine mutation. Ici, Lotus semble miser sur un retour aux sources, en proposant non pas seulement de l’électrique, mais une supercar avec un vrai moteur thermique pour reconnecter avec ses fans les plus fervents.
Le but est clair : viser 30 000 ventes par an afin d’assurer un fonctionnement rentable et stable. Pour l’instant, on est loin du compte avec seulement 6 520 unités écoulées dans le monde en 2025. Un défi énorme, donc, mais avec des annonces solides, un retour au moteur V8 qui fait rêver et une gamme plus cohérente, ce cap pourrait bien être atteint. Moi, j’attends surtout de revoir un jour un Esprit qui fasse parler de lui !
